Blossom

Airelle Besson & Lionel Suarez

Mardi 11 août 2026 21h

Église Saint Augustin
Villefranche de Rouergue


airelle besson et lionel-suarez @Lucille reyboz

Photo : Lucille Reyboz


Airelle Besson, trompettiste de Jazz multi-primée illumine les scènes européennes depuis 2015 à la tête de plusieurs projets : duos, quartets, et même orchestre.

BLOSSOM

Lionel Suarez est devenu l’accordéoniste incontournable qui a réhabilité son instrument « classique » en interface féconde pour toutes les musiques.

Un duo d’exception ! La compositrice et trompettiste de jazz virtuose Airelle Besson dialogue avec l’accordéoniste Lionel Suarez dans des compositions mêlant tendresse, esprit dansant et complicité ludique. Un voyage en apesanteur vers les sommets de l’émotion. Une alchimie parfaite. Entre le souffle inspiré de la trompette d’Airelle Besson et l’accordéon coloré de Lionel Suarez, la rencontre est évidente. Un plaisir palpable flotte dans l’air tandis qu’ils explorent des territoires mélodiques avec deux instruments aussi différents que complémentaires.

Blossom, comme au premier jour.
​Par Alex Dutilh

« Trompette et accordéon en duo, une évidence si vous avez eu la chance d’entendre leurs volutes emplir une nef de cathédrale, comme à Coutances, ou chuchoter dans un cadre plus intimiste. Entre la trompette d’Airelle Besson et les anches de Lionel Suarez, la musique se déploie avec le naturel d’un battement d’ailes. Oubliez qui accompagne qui, ils cheminent d’un seul élan. Parfois à mi-voix, en confidence ; souvent au plus près de la mélodie, d’un lyrisme délicatement formulé ; toujours en osmose, pour s’appuyer et se prolonger l’un l’autre. Le plus fort est que quand l’un s’efface, l’autre s’insinue dans l’espace plus qu’il ne l’envahit, esquisse une attente, souligne ce qui relie des points de suspension.

Il faut beaucoup de sagesse, d’humilité et de maitrise pour dialoguer ainsi sans renoncer aux dynamiques, aux contrastes, aux variations rythmiques. Et jouer autant avec ses oreilles qu’avec ses doigts. 20 ans qu’ils se sont rencontrés : en 2006, d’abord, sur La Tectonique des nuages, imaginée par Laurent Cugny, puis plus durablement au sein du Quarteto Gardel (avec Vincent Ségal et Minino Garay) à partir de 2009. L’expérience du duo fut inaugurée en 2015 lors de la résidence d’Airelle à Jazz sous les Pommiers. C’est donc en pleine maturité, forts de dix ans d’échanges nourris, de répertoire affiné, qu’ils décident de rentrer en studio.

Rien n’était pourtant écrit d’avance. Lionel Suarez, passé par la chanson, le théâtre et le cinéma, marqué par des rencontres déterminantes avec Claude Nougaro et Jean Rochefort, a croisé tant d’artistes qu’on pourrait en faire un inventaire à la Prévert, toutes et tous ayant trouvé en lui un partenaire idéal. Mais dans cette trajectoire riche de mille traversées, un chemin ne s’est jamais interrompu, celui du jazz. Dans sa proximité avec Sylvain Luc, les scènes partagées avec Richard Bona, Didier Lockwood, l’ONJ et tant d’autres, il s’y jette à soufflets perdus. La rencontre avec André Minvielle viendra cristalliser tout cela, entre virtuosité et poésie.

Pour Airelle Besson, il fallait s’affranchir des duos historiques trompette-piano (Louis Armstrong & Earl Hines, Clark Terry & Oscar Peterson, Chet Baker & Paul Bley), prendre appui sur son duo avec le guitariste Nelson Veras (« Prélude », 2014) et prolonger sa connivence avec l’orgue de Rhoda Scott, pour se laisser griser par le souffle de l’accordéon.

Ils se sont partagé le répertoire, peaufiné au fil des ans, et ont tenu à ouvrir l’album par le premier morceau qu’ils aient joué ensemble, Blossom, une brise printanière, une floraison spontanée. Également composés par Airelle, Kyoto dans la brume, fruit d’un séjour de la trompettiste dans la ville impériale, une ode à la douceur de vivre. Et La Course, issu de la partition musicale de trois courts-métrages burlesques de Fatty Arbuckle avec Buster Keaton, ciné-concert toujours en tournée. De son côté, Lionel Suarez avait composé Sans laisser d’adresse pour la pièce de théâtre Ici Nougaro, avec Grégory Montel et Le jour J à l’heure H pour un film de Jean-Henri Meunier. Les Tuiles bleues est un clin d’œil à son ami disparu Régis Gizavo, l’accordéoniste et chanteur malgache. Et trois pièces sont nées en studio, en fin de séance. Deux impromptus qu’ils ont cosignés, Lontano et Résonances, comme tombés du ciel. Et De passage, un solo de trompette qui servira d’intro, puisqu’il finit miraculeusement sur la première note des Tuiles Bleues…

Quant aux trois reprises, elles en disent beaucoup sur les inspirations des deux amis : Answer Me a été enregistré à deux reprises par Keith Jarrett lors de son ultime tournée européenne de 2016. Ida Lupino s’est imposé tout en douceur. Un thème qu’ils affectionnent tous les deux. Ils en ont imaginé la relecture comme un triple salut : à Carla Bley, avec qui Airelle a eu la chance de jouer au sein du Liberation Music Orchestra, à Michel Portal et sa relecture magistrale sur « Dockings » et à l’audace d’Ida Lupino, silhouette libre et inspirante. Avec Au Lait, un jeu de miroirs s’installe : imaginant que Metheny/Mays s’étaient inspirés du binôme Fellini–Rota, le couple trompette–accordéon en ravive toutes les couleurs de Cinecittà. »


Le Duo


Airelle Besson

Airelle Besson
Photo : Sylvain Gripoix

Trompettiste, compositrice et arrangeuse, Airelle Besson s’est fait remarquer sur la scène du jazz européen pour son jeu clair et puissant, virtuose mais jamais démonstratif, au service de l’émotion et de la musicalité. Formée en classique et en jazz, elle dit être influencée par Bach comme par Keith Jarrett. Lauréate des prix Django-Reinhardt de l’Académie du jazz et des Victoires du Jazz dans la catégorie « Révélation instrumentale française de l’année », Airelle Besson est aussi bien une sidewoman demandée qu’une leader et compositrice affirmée.

Une musicienne précoce

Née le 23 mars 1978 à Paris, Airelle Besson se passionne dès l’âge de quatre ans pour la trompette, et attend d’avoir sept ans pour commencer à en jouer. À l’adolescence, accompagnée par son père, elle choisit l’école à la maison pour placer au centre de son cursus l’étude de la musique. En plus de la trompette, elle apprend le violon, et suit une double formation, classique et jazz. Après être passée par différents conservatoires, elle entre à l’Université Paris-Sorbonne en musicologie, puis intègre le Conservatoire national supérieur de musique de Paris, dont elle sort avec le premier prix de jazz. Le tournant définitif vers cette musique se fait à l’occasion d’un stage au festival de jazz de Cluny (Jazz Campus en Clunisois) auprès du trompettiste Jean-François Canape.

Entre électronique et acoustique

Au sortir du conservatoire, Airelle Besson s’associe au saxophoniste Sylvain Rifflet pour créer et co-diriger Rockingchair, un quintet aux couleurs rock et électronique. Le groupe sort deux albums, Rockingchair (2007) et 1:1 (2011). En 2014, Airelle Besson transforme sa collaboration amicale de longue date avec le guitariste Nelson Veras en duo acoustique poétique avec l’album Prélude (Naïve Records). Le disque obtient un très grand succès, et les deux musiciens sillonnent les scènes internationales pendant plusieurs années.

Entre petit et grand orchestre

En 2014, Airelle Besson crée son propre quartet avec Isabel Sörling (voix), Benjamin Moussay (claviers) et Fabrice Moreau (batterie). Très bien accueilli tant par la presse que par le public, leur premier album (Radio One, Naïve) est un régal de force, d’équilibre et de limpidité. Toute la puissance mélodique des compositions d’Airelle Besson, ainsi que son talent pour harmoniser les voix, s’y déploient avec élégance. Leur deuxième album, TRY!, sorti le 5 février 2021 a obtenu un très beau succès. Il a été récompensé d’un Coup de Coeur de l’académie Charles Cros.
Le Quartet, aujourd’hui rejoint par la chanteuse belge Lynn Cassiers en remplacement d’Isabel Sörling, continue à se produire en France et à l’international, dix ans après sa création.

Parallèlement, Airelle Besson se consacre de plus en plus à la composition et à l’arrangement. En 2014, le groupe anglais Metronomy lui demande de faire les arrangements de l’album « Love Letters ». Airelle compose et arrange pour des orchestres symphoniques de formats différents.

Tout au long de son parcours, Airelle Besson a aussi joué dans des groupes dirigés par d’autres ; notamment dans le Liberation Music Orchestra de Charlie Haden et Carla Bley en 2006. Elle a partagé la scène avec Michel Portal, Youn Sun Nah, Manu Katché, Joe Lovano, Rhoda Scott, Daniel Humair, Gregory Porter, Baptiste Trotignon, Henri Texier, Tom Harrell, José James, Camélia Jordana entre autres…

Signalons enfin ses duos avec Vincent Ségal et Lionel Suarez, le trio avec les allemands Sebastien Sternal et Jonas Burgwinkel, et le Quarteto Gardel de Lionel Suarez avec Vincent Segal et Minino Garay. Dans toutes ces formations comme dans ses propres groupes, Airelle Besson se distingue par sa capacité à dire beaucoup en peu de notes ; dans son jeu, légèreté et délicatesse s’élèvent au-dessus d’une rigueur toute classique. Habité par un souci de la précision et de la justesse (du discours), son style compte parmi ce que le jazz français a de meilleur à offrir.

Depuis 2023, elle est artiste associée à deux hauts lieux de création en île de France, La maison de la musique de Nanterre pour les deux prochaines saisons, et le théâtre Sénart à Lieusaint pour trois saisons.

Airelle a été nommée au grade de chevalière de l’ordre des Arts et des Lettres en 2022.
Nommée Sociétaire définitive de la SACEM en 2025.


Lionel Suarez

Photo : lionelsuarez.com

Parcours musical

Biographie de Lionel Suarez.  Il est un accordéoniste français, né le 15 janvier 1977 à Rodez en Aveyron (et oui un enfant du pays !).

Issu d’une famille de musiciens de Bertholène. Il est initié naturellement à la musique et aux rythmes par son grand-père batteur et accordéoniste, et son père accordéoniste. A huit ans, le petit garçon, se met à l’accordéon. Une heure de musique par jour avec le paternel, une leçon par semaine avec François Aceti, un professeur particulièrement brillant. Il digère le répertoire classique des concours d’accordéon et, très vitedevient un des enfants virtuose de l’instrument. À onze ou douze ans, le voici chez Drucker, Foucault, Martin.

En avant pour le bal musette

Le week-end, ils prennent leurs instruments, accordéon pour le premier, batterie pour le second. Ils chargent le camion de l’orchestre familial, avec parquet et chapiteau, et partent animer les bals de la région. Il apprend aussi le piano et commence à accompagner son père entre nord du Cantal et sud du Tarn mais il n’est pas forcément conforme à la filière de l’accordéon à paillettes. Il rêvait de jouer de la basse et l’apprend en quelques mois pour partir en tournée d’été avec un orchestre de reprises. Lycéen, ce sera pop, rock et jazz avec les copains.

Il découvrira le texte en accompagnant des chanteurs de la région, spécialisés en Aznavour, Gainsbourg ou Brassens. Un jour, un copain l’emmène à un concert d’Allain Leprest. Surprise énorme, doublée d’un « tu vois le type là-bas dans la salle ? C’est Jehan, tu devrais acheter son disque Divin Dimey. » C’est un présage : Jehan sera un des premiers chanteurs qu’il accompagnera, et lui présentera Claude Nougaro. 

Premier ancrage toulousain

Avec la chanson lettrée d’Art Mengo:

  • le flamenco de Bernardo Sandoval et Antonio kiko Ruiz
  • le chaudron turbulent de Zebda, des Motivé-e-s et d’Origines Contrôlées.

En même temps, la scène jazz Montpellieraine le sollicite par l’intermédiaire de Gérard Pansanel et son «Orchestra Frizzante», Doudou Gouirand l’amène en tournée au Tchad, au Cameroun et au Gabon pour son spectacle « les saisons du Paradis» sur des textes de Jean Giono.

Envol vers Paris

Puis envol vers Paris, avec l’envie de jouer et de découvrir. Suarez passe ses nuits dans les clubs de jazz, écoute et rencontre des musiciens de partout. Festin d’improvisations, début d’un travail régulier dans les studios. Son premier prix de Conservatoire en poche, il commence à écrire des arrangements, à réaliser et à produire des albums et des spectacles. Entrelacs de tournées, d’enregistrements, de créations, de one-shot, de partages. On l’entend sur environ quatre-vingts albums qui dessinent une palette unique. Et, de Jean Rochefort aux Francofolies de New York – parmi tant d’autres – il devient une référence incontournable. De par ses rythmiques diaboliques, son sens des timbres et de l’orchestration, il bouscule tous les aprioris, tous les préjugés et l’on s’étonne à adorer cet instrument qu’on avait jugé définitivement.

Envol médiatique

Une rencontre avec Claude Nougaro. Il l’avait présenté à André Minvielle avec qui il s’embarque en 2011 dans l’équipée radieuse de l’album Tandem et de centaines de concerts. Avec lui, il découvre le cercle des Marc Perrone, Bernard Lubat, Jean-Marie Machado, Guillaume de Chassy, Daniel Yvinec. Il tresse là aussi une impressionnante guirlande d’expériences et de collaborations, d’inventions et de projets, notamment son premier album solo “Cocanha”, en trio avec Kevin Sedikki et Pierre François Dufour, en 2013.

Multi instrumentiste

C’est un Musicien libre avec un grand M, prodigue, voyageur. Lionel pose parfois l’accordéon et passe au bandonéon, au piano, à la basse, aux percussions. Il compose, il fédère. Il rassemble des spectacles qui sont à la fois ou successivement musique, théâtre, audace, vertige. Peu d’instrumentistes ont autant que lui le respect des mots. Peu de musiciens ont une telle passion de la parole. Très peu d’artistes ont un tel respect du silence, du retrait, de la retenue. avec tant de notes, de phrases et de galopades dans son accordéon.

Doit-on s’étonner de la longueur de son CV ?

On l’a vu dans un spectacle à deux avec André Minvielle, dans des compagnonnages avec:

  • Richard Bona
  • Sylvain Luc
  • Didier Lockwood
  • Bumcello
  • l’ONJ
  • Laurent Cugny ou Sixun
  • Derrière les chansons de Claude Nougaro, Zebda, Bernard Lavilliers, Harry Connick Junior, Roberto Alagna, Charles Aznavour, Georges Moustaki, Sanseverino, Olivia Ruiz, Allain Leprest, Yael Naim, ou Véronique Sanson, derrière les mots de Jean Rochefort ou Jean-Pierre Coffe.

Et doit-on s’étonner de ce qu’il mène de front tant d’aventures ?

Il présente Leprest, pacifiste inconnu avec le chanteur Jehan. Il crée le spectacle Piaf  “l’être intime” avec Clotilde Courau, le quarteto Gardel en compagnie de la trompettiste Airelle Besson, du violoncelliste Vincent Segal et du percussionniste Minino Garay. Et il se produit aussi en solo ou en duo avec Pierre-François Dufour ou Airelle Besson. Tout cela lui ressemble bien : Lionel Suarez est à la fois boulimique de musique et rétif aux cloisonnements, perpétuellement au travail et émerveillé de chaque rencontre. Peut-être parce qu’au tout commencement, sur le chemin de ses cours d’accordéon,  son père lui montre son usine en lui disant : « Là, t’iras jamais. »

Et enfle l’envie de composer, de peu à peu bâtir un univers qu’il signe tout entier. Lionel Suarez accompagnateur incontournable et le complice généreux se fondent en un Lionel Suarez créateur et leader, gourmand d’aventures et de croisements inédits. Comme pour ajouter sa liberté propre à toutes les belles libertés qu’il a servies.

Lionel Suarez est un accordéoniste qui aime déjouer les présagés. Il sait tous les sortilèges de la virtuosité et de la faconde, il emballe la valse et alanguit les mélancolies avec une science que l’on croyait perdue depuis la mort des vieux chamanes du musette. Mais il sait aussi inventer des ciels de mi-saison, des touffeurs tropicales et les toundras nordiques. Il enfle l’envie de composer, de peu à peu bâtir un univers qu’il signe tout entier. Lionel Suarez est accompagnateur incontournable. Il est le complice généreux, se fondent en un Lionel Suarez créateur et leader, gourmand d’aventures et de croisements inédits.



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